3 questions à… Jean-Yves Léger (LEKOU)

Nous vous proposons de découvrir le parcours de Jean-Yves Léger, membre de l’Afci, aujourd’hui retraité mais aussi consultant en communication et enseignant.

Quel est votre meilleur souvenir en com interne ?

C’était en novembre 2008. Pierre Labasse, mon ami et ancien collègue chez BSN/Danone, m’avait proposé de venir parler, devant les membres de l’Afci, de la crise financière et bancaire qui avait submergé les marchés financiers mais pas encore nos économies. Comment parler de sujets financiers complexes à des professionnels pour qui la crise n’avait pas encore fait sentir ses effets concrets. Un bon exercice de communication financière qui avait vocation à servir pour la communication interne des participants. Un exercice qui devait allier simplification des thématiques et anticipation de la suite.

En relisant ma conclusion : « les crises précédentes nous laissent songeurs sur les chances de voir de vrais changements dans les comportements des nombreux acteurs qui ont conduit à la crise en cours » et en constatant plus de quatre ans après les difficultés à réglementer un peu plus le monde bancaire et financier, je me dis que je n’ai pas eu tort d’accepter de laisser une trace écrite de cette intervention dans le numéro de mai 2009 des Cahiers de l’Afci…

L’expérience qui vous a le plus appris ?

De formation financière, ayant exercé la première partie de ma vie professionnelle dans la finance, j’ai été pendant plus de vingt ans un acteur de la communication financière dans deux entreprises cotées (BSN et LVMH) et en agence conseil (Havas/Euro RSCG).

J’ai toujours défendu l’idée que les frontières entre communication interne et communication externe, notamment financière, devaient s’estomper. Internet a accéléré ce phénomène de porosité des communications et des publics cibles.

Ce sont donc des expériences de communication financière au service de la communication interne, à l’occasion de la mise en place d’actionnariats salariés qui m’ont amené à vivre cette porosité en tant que conseil d’entreprises et à confirmer mon sentiment.

Deux souvenirs me reviennent : l’introduction en bourse de Crédit Agricole en 2001 qui a permis à des salariés d’un groupe mutualiste de devenir actionnaires de l’organe central de leur groupe.

Mais aussi les plans d’actionnariat salarié de Suez dans les années 2000 où des salariés dans des métiers très divers et dans de nombreux pays ont découvert l’ampleur du groupe dans lequel ils travaillaient, notamment des salariés dans les services aux collectivités qui n’avaient pas de lieu fixe de vie professionnelle ce qui rendait encore plus compliqué la mise à disposition des supports de communication.

Voilà de bons souvenirs de travail commun entre communication interne, communication externe, communication financière et agence conseil en communication…

Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

Depuis fin 2008, je suis un retraité actif : un peu de conseil et des enseignements à l’Université et en Écoles de commerce, notamment. Avec à chaque fois un constat : ces lieux de formation des futurs managers, en particulier en finance, comportent assez peu d’enseignements des problématiques et des pratiques de la communication interne.

Dommage, quand on sait que ces futurs dirigeants ou responsables de services ou d’entités devront gérer des finances, imaginer des produits et des services pour attirer et garder des clients, mais aussi attirer, conserver et gérer des hommes et des femmes, communiquer avec eux, c’est à dire manager le capital humain.

J’essaie donc, notamment avec l’aide de l’Afci, d’intégrer des espaces et des intervenants sur la communication interne dans les masters ou enseignements où j’interviens, des professionnels qui parlent de la matière en général et de leurs expériences en particulier.

C’est un travail de longue haleine car les programmes actuels sont plus orientés vers les mathématiques financières et la valorisation des entreprises que sur la formation, la valorisation et la communication avec le capital humain. Mais, il ne faut pas se décourager…

Pour contacter Jean-Yves Léger, consulter sa fiche annuaire (réservé aux adhérents).