Dialogue social et identité de l’entreprise

Dialogue social et identité de l’entreprise

Il y a une double faiblesse des entreprises françaises. Elle a trait au dialogue social et au dialogue professionnel. Cette situation pèse sur la compétitivité des entreprises. Entretien avec Stéphane Rozès sur un sujet récurrent dans l’actualité et la vie des entreprises.

Comment expliquer au fond cette difficulté à dialoguer dans l’entreprise ?

Stéphane Rozès : Pour tous les acteurs de l’entreprise - les études auprès des salariés et secrétaires de CE en témoignent -, le dialogue social est jugé insatisfaisant et hors sol. C’est notamment vrai pour les grandes entreprises. Dans les PME, comme la relation est proche entre les salariés et le chef d’entreprise qui est souvent l’actionnaire, les jugements sont plus positifs. Pourtant, au fil des ans, les évolutions du monde du travail ont rendu le dialogue social indispensable pour accompagner les changements. Mais ce dialogue reste confiné. On le réduit à des questions matérielles, prosaïques, importantes bien sûr, mais éloignées de ce qui fait l’investissement dans le travail : son sens, sa qualité, ses finalités. On parle emploi, au mieux conditions de travail, mais pas ou peu travail. La valorisation du travail n’est que faiblement prise en compte par le dialogue social.

"Le politique et la loi prévalent sur le social et les compromis qui en découlent"

La France est sans doute le pays où le travail est le plus investi par les salariés sur le plan affectif. Le dialogue social est devenu un champ de théâtralité certes important, mais centré sur la défense des intérêts matériels beaucoup plus que des intérêts moraux des salariés. Il en reste au « comment », alors que les salariés français s’intéressent d’abord au « pourquoi ». Par ailleurs, les marges d’échange et d’intervention des salariés sont faibles et peu adaptées aux spécificités des entreprises. Les dirigeants et les politiques hésitent à investir dans un dialogue sur les finalités et s’en tiennent au minimum juridique. Or, les salariés ont des attentes qui vont bien au-delà de ce qui fait l’actualité du dialogue social. S. R. : Oui, nous cumulons les handicaps. Le politique ne porte plus de vision unifiant le corps national. D’où notre dépression et un dialogue social faiblement inséré dans ses modalités dans les cultures...

Article complet dans les Cahiers de la communication interne n°38

Cahier38