La communication financière, Jean-Yves Léger

Dunod, 120 pages, 2010

De toutes les formes de la communication des entreprises, la communication financière est sans doute la plus récente. Elle est en effet apparue dans les années 1980-1990, avec la montée en puissance des actionnaires. Avant, on parlait plutôt d’information financière. Il s’agissait de diffuser des chiffres clefs et des agrégats financiers souvent non consolidés, portant sur une situation passée de l’entreprise sans prévisions pour le futur. Cette information était formatée par la réglementation boursière.

À partir des années 1980-1990, les choses changent. On assiste à la mondialisation des marchés et à la privatisation des économies. Il s’ensuit une véritable compétition entre sociétés pour attirer puis conserver les capitaux nécessaires à leur développement. Les investisseurs, libres du choix de leurs placements, ne jugent plus seulement les entreprises et leurs dirigeants sur leurs résultats, mais aussi sur leur stratégie, leur gouvernance, leur mode de management, la qualité de leur recherche et de leur marketing. Leurs attentes sont de plus en plus globales et s’étendent à des sujets intéressant les autres cibles.

On constate d’ailleurs une porosité croissante entre les publics de l’entreprise, favorisée par l’essor des nouveaux médias. À titre d’exemple : les salariés, auxquels sont consacrées plusieurs pages, peuvent être actionnaires et, en tout cas, ont accès en temps réel aux mêmes sites Web que les autres publics. Le but de la communication devenue économique est de « vendre » l’entreprise et son titre en la mettant en valeur de façon à la différencier des autres. Le petit livre de Jean-Yves Léger n’est pas seulement une réflexion sur l’évolution de la communication financière et sa globalisation. Il est une mine d’informations pratiques sur ses publics et ses outils, dont l’intérêt est évident pour les communicants internes…

 

Pierre Labasse

Cahier de la communication interne n°28