Social business et mobilisation des salariés

Depuis quelques années, des entreprises – surtout des grandes – développent des programmes de soutien à des entrepreneurs sociaux et/ou favorisent la création en leur sein d’« intrapreneurs » sociaux.

Danone a lancé le mouvement avec son initiative Danone Communities qui vise à investir dans des entreprises sociales engagées dans l’amélioration de la nutrition des populations les plus vulnérables. L’entreprise a bientôt été suivie par Schneider Electric, GDF Suez (devenue Engie), Renault, Total, Lafarge, Essilor, etc. Ces différents programmes et initiatives ont comme point commun de s’intéresser aux besoins essentiels des populations les plus vulnérables, que ce soit en Europe ou dans les pays les moins développés, en proposant des solutions innovantes en matière de mobilité inclusive, d’accès à l’énergie, à la santé, au logement… Quelles sont les motivations de ces entreprises ? Même si le recul est encore faible, quels résultats mettent-elles en avant en termes d’impact social, d’innovation, de mobilisation des salariés ?


Pourquoi développer un social business ?
Lorsqu’on interroge les entreprises engagées dans le soutien à des entrepreneurs sociaux, celles-ci mettent en avant quatre motivations principales.

  • La première est d’expérimenter de nouveaux modèles d’affaires fondés sur la création de valeur partagée.
  • La deuxième motivation est celle de l’élargissement des horizons territoriaux des entreprises.
  • La troisième raison mise en avant par les entreprises est celle de l’affirmation de leur responsabilité sociale/sociétale.
  • La dernière raison tient à la mobilisation des salariés que suscitent ces initiatives et programmes de social business.


Conjuguer sens et performance
La mobilisation des salariés n’a de sens que si elle contribue à leur apporter un mieux-être au travers de l’affirmation et la reconnaissance de leur utilité sociale. Elle n’a de sens pour l’entreprise que si elle permet d’accroître les compétences, de développer un management plus coopératif et inventif, d’accompagner des stratégies d’ouverture et de reconnaissance des diversités dans le cadre du développement de l’horizon territorial de celle-ci. Sur tous ces points, et même si leur évaluation globale est encore timide, ces programmes de soutien au social business font bouger les lignes. S’ils restent encore modestes par leur taille et plutôt réservés encore aujourd’hui aux grandes entreprises, leur développement est néanmoins significatif… et à encourager.

 

couv_cahier_36Ce texte est extrait d'une interview de Bernard Saincy, Président d’Innovation Sociale Conseil, publiée dans le dossier spécial "Faire société en entreprise" du n°36 des Cahiers de la communication interne (juillet 2015). Cette revue peut être commandée en ligne, au tarif de 25 € le numéro.