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Les nouveaux travailleurs des applis – PUF, 2019

Lu pour vous
11 janvier 2022

En mettant en parallèle les ambitions, les utopies affichées et les réalités des conditions de travail des salariés ou des contributeurs de ces plateformes numériques, les diverses contributions révèlent l’immense désenchantement de ce « capitalisme de plateforme ». à l’opposé des promesses d’autonomie des salariés, d’enrichissement des tâches, de sens au travail, ces études – étayées par des travaux de terrain – révèlent l’envers du décor, la face sombre de cette ubérisation de certaines activités économiques : la précarisation de toute une catégorie d’acteurs économiques qui ont rêvé de reconnaissance, d’autonomie et de libération des liens hiérarchiques et de subordination, un esclavage moderne rappelant la « tacheronnisation » du XIXe siècle, une précarisation accrue de ces indépendants accompagnée d’un recul des protections sociales. Loin de la modernité affichée, ces salariés renouent avec des formes d’aliénation déjà explorées au XIXe siècle. Plus grave, les consommateurs, en soutenant – à leur corps défendant – ces nouvelles façons de consommer, exacerbent les sujétions des travailleurs et nourrissent ces aliénations. Cet ouvrage passionnant (et on recommandera la bibliographie commentée pour aller plus loin) se lit somme toute comme un antidote à toutes les sirènes de l’innovation digitale et des activités « désintermédiées » véhiculant des notions surestimées d’agilité et d’autonomie. Pour les communicants de l’Afci, ces études sont intéressantes afin de pondérer les discours angéliques sur les vertus de l’économie digitale, nécessaires pour comprendre en termes de communication sociale les désidératas et les contradictions de ces salariés, travailleurs indépendants de ces applications digitales, mais surtout indispensables pour nourrir une réflexion sur les régulations juridiques et sociales possibles.Un livre, en somme, « prise de conscience », pour contribuer à notre mesure à plus de responsabilité sociale ou un devoir de vigilance.

Issu du numéro 47 des Cahiers de la communication interne

Par

Jean-Marc Bernardini

Membre du jury 2020, Président d’association, ancien responsable de l’unité communication interne groupe RATP

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