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Les Cahiers de la communication interne n°24 : Quand la communication interne passe en mode « crise »

Cahiers de la Com
1 mai 2009

Éditorial

Il est toujours dangereux de se tromper de message…

Il y a dix ans, le 1er janvier 1999, la monnaie unique était introduite dans onze pays de l’Union européenne. En dehors des couloirs des institutions européennes et des colonnes de la presse financière, l’anniversaire n’a fait aucun bruit, ni en France ni ailleurs. Étonnant. Non seulement parce que l’euro est aujourd’hui le signe le plus tangible de la réalité de l’Europe dans la vie quotidienne des habitants des pays qui l’ont adopté, mais parce qu’il constitue une de ses plus belles réussites. Bien qu’il n’ait pas tenu toutes les promesses du traité de Maastricht, son succès est incontestable. Il s’est imposé comme une monnaie stable et reconnue internationalement. Il a entraîné la fin des dévaluations sauvages à l’intérieur du continent, l’assainissement de la concurrence et finalement le renforcement de l’économie des pays qui l’ont adopté.

Pourtant, malgré son bilan largement positif, il souffre d’une désaffection évidente de la part des Français. En dix ans d’existence, il n’a pas réussi à gagner en popularité. Il aurait même plutôt perdu. Raison principale : il est accusé d’avoir provoqué l’augmentation des prix. Or les statistiques montrent que ce grief est sans fondement : entre 1998 et 2008 la hausse des prix à la consommation en France n’a pas dépassé 16 %, soit moins de 1,6 % en moyenne annuelle et moins que durant les dix années précédentes (2 %). Faut-il ajouter que l’euro ne peut être tenu pour responsable de l’augmentation du coût des matières premières ou de l’immobilier ?

Mais il est incontestable que les prix de certains produits ou services usuels ont sensiblement augmenté au moment du passage à la monnaie unique. Des boulangers, des cafetiers, des coiffeurs ou des garagistes ont profité de l’aubaine et ont pratiqué la conversion à leur avantage. Et les consommateurs n’ont remarqué que cela… Or, très imprudemment, le gouvernement, désireux de conjurer toutes les craintes, avait assuré que le passage à l’euro n’entraînerait aucune augmentation des prix. Erreur funeste ! Car c’est bien la communication déployée au départ qui est en cause. À part quelques avantages pratiques sans grand intérêt pour la majorité des citoyens, elle a surtout insisté sur les inconvénients que l’euro n’entraînerait pas. Elle s’est aussi focalisée sur les problèmes de conversion qui étaient sans utilité réelle avant le passage effectif et ne pouvaient qu’effrayer les gens. Et surtout, elle est largement passée à côté du message essentiel : l’Europe…

Par

Pierre Labasse

Président d’honneur de l’Afci

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