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Les Cahiers de la communication interne n° 37 « Les nouveaux espaces du travail »

Cahiers de la Com
1 décembre 2015

EDITO

La confiance, plus que jamais!

Si toute la société a ressenti au plus profond les événements de la fin 2015 à Paris, chacun a bien compris ce qui se jouait. L’essentiel, à savoir tout ce qui nous est commun et ce qui nous fait être ensemble. Même si les peurs et toutes leurs conséquences sociales et politiques sont bien présentes, nous avons pris sans doute davantage la mesure de ce que la confiance collective pourrait nous apporter pour surmonter ces temps difficiles, mais aussi pour construire et reconstruire. Ce qui est vrai pour la société, l’est aussi pour l’entreprise. Il n’est pas anodin que la confiance des salariés revienne dans l’actualité. La bonne nouvelle est que des dirigeants décident de prendre le sujet à bras-le-corps en le reliant notamment à la croissance. En somme, pas de croissance sans confiance des salariés. Pour l’Afci, qui avait organisé il y a tout juste cinq ans son Forum annuel sur ce thème, c’est un pas important dans un univers qui a beaucoup sacrifié au court terme et à une conception patrimoniale de l’entreprise.

L’Institut Montaigne, notamment, est à l’initiative d’une récente étude sur la confiance des salariés et singulièrement des cadres dans l’entreprise. L’enquête confiée à TNS Sofres est révélatrice à la fois du déficit actuel, mais aussi des leviers d’action. Le déficit se lit au premier abord dans l’indice de confiance produit à cette occasion. Résultat : 6,7 sur une échelle allant de 0 à 10. Un résultat plus que moyen pour des cadres et, contre toute attente, sans variation significative selon le type d’entreprise (grande ou petite), le secteur ou l’âge des répondants. 47 % de cadres se déclarent aujourd’hui confiants et 53 % attentistes ou défiants.

Les leviers qui émergent de l’étude sont avant tout internes et managériaux. Il y a un fort doute sur la sincérité des engagements et des communications de l’entreprise. Seule une moitié des cadres fait confiance à la direction pour mettre en oeuvre les valeurs qu’elle affiche. De plus, il y a le sentiment d’une absence de libre circulation de l’information et de possibilité de dialogue. Trop de langue de bois et d’éléments de langage ont fini par produire un effet délétère. Autre point sensible, le type de management. Seuls 30 % des cadres définissent le management comme coopératif et déclarent que l’autonomie et l’initiative sont encouragées. Management et communication : deux sujets d’alerte aujourd’hui, en même temps que deux leviers possibles pour l’avenir.

Mettre l’accent sur la confiance des salariés bat en brèche la conception qui place les défis de l’entreprise quasi exclusivement à l’externe. Comme si la stratégie était dehors et que l’interne n’était qu’affaire d’intendance. Et puis, un jour on s’aperçoit que l’intendance ne suit plus et que, sans elle, la croissance ne peut être au rendez-vous. Cette prise de conscience appelle des choix et des pratiques nouvelles. Que ce soit des dirigeants qui disent l’ampleur du défi dans la Charte Confiance et Croissance qu’ils viennent de signer est en soi prometteur. L’Afci, en tout cas, est prête à échanger avec eux sur les voies et moyens d’une communication interne favorisant dialogue et ouverture.

Par

Jean-Marie Charpentier

Rédacteur en chef, Vice-président de l’Afci

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Les Cahiers de la communication n° 37
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